Antidépresseurs sur les troubles anxieux

5092007

(…)

Le pour :

Certaines études ont prouvé qu’au moins la moitié des patients voyaient leur état s’améliorer après la prise d’antidépresseurs. Les bénéfices peuvent être spectaculaires et transformer leur vie.

Le contre :

Les avantages ne sont pas toujours durables. Certains essais cliniques suggèrent que près de la moitié des patients souffrant de dépression tirent profit de la prise d’antidépresseurs, mais que ce chiffre est beaucoup plus bas dans la pratique clinique quotidienne, où le traitement n’est pas toujours supervisé de la même manière. Il ressort du témoignage des patients que seul un sur cinq (20%) guérit et constate une amélioration durable de son état, dix-huit mois après la fin du traitement médicamenteux.


(…) On estime que 10 à 20% des consultations de médecine générale pour adultes concernent des troubles anxieux ou dépressifs : plus de la moitié de ces consultants se plaignent à la fois des deux. Leur pathologie, par rapport à celle des patients qui sont ou bien anxieux ou bien déprimés, évolue plus fréquemment vers la chronocité, met généralement plus de temps à guérir et récidive plus souvent. Or la recherche a montré que l’instauration d’un traitement médicamenteix précoce pouvait réduire le risque de la voir s’installer dans la durée.

Mais comment un médecin détermine-t-il qu’un patient souffre d’angoisse, de dépression ou d’un mélange des deux ? Malheureusement , un diagnostic précis n’est pas toujours possinle dans les troubles mentaux. Cela a contribué à l’idée controversée qu’il fallait effacer toute distinction médicale entre l’angoisse et la dépression, proposition qui a déclenché une réaction hostile dans les colonnes du British Medical Journal en 2003.

Source : Vaincre la panique & l’anxiété, comprendre et juguler les troubles anxieux

 




“Réparer sa route de vie”, Louise Reid

28062007

« Selon les recherches scientifiques effectuées sur la dépression, cette dernière est attribuable à un déséquilibre chimique dans notre cerveau. Les médecins ont fortement tendance à prescrire des antidépresseurs dont le rôle semble être de rééquilibrer les substances qui stabilisent notre humeur. Cependant, de nombreuses personnes traversent la dépression et en sortent sans avoir recours aux médicaments, ce qui prouve que notre cerveau peut se soigner sans intervention chimique extérieure.

Lorsque notre cerveau se déprogramme et développe la fausse croyance que nous n’avons plus les ressources pour continuer à avancer parce que nous nous sentons enfermés dans un tunnel, dans un trou noir, nous devons reconstruire sa programmation initiale en ce qui touche notre valeur et notre droit à la vie, au bonheur et à l’amour. Il nous faut l’aider à faire disparaître le trou noir, ce que nous pouvons très bien réaliser avec les images adéquates.
Notre cerveau est tellement génial qu’avec de nouvelles informations, il est capable de se reprogrammer de lui-même, et de s’auto réparer en rééquilibrant les substances chimiques qui jouent sur notre humeur. »

 




Les medicaments, “Psychologie de la peur” Christophe André

28062007

Modifier son architecture cérébrale par la psychothérapie ?  


Il est donc probable que les psychothérapies les plus efficaces sont celles où existe une activation émotionnelle, qui va permettre une reconfiguration, une mise en place de nouvelles connexions synaptiques.

(…)  Les efforts demandés lors des TCC doivent être répétés. Car il existe une inégalité flagrante des échanges et connexions cérébraux en faveur de l’amygdale : les connexions de cette dernière vers le cortex sont très nombreuses, alors que celles du cortex vers l’amygdale le sont beaucoup moins. En somme, l’amygdale peut beaucoup « parler » au cortex préfrontal et le commander, mais elle l’écoute peu…

Pour maîtriser ses peurs, il faut donc les convoquer, les susciter, et leur faire face différemment. Une fois, dix fois. ET peu à peu, de nouvelles connexions cérébrales se mettront en place, selon la théorie de la neuroplasticité. C’est le but des TCC, qui vont aider le patient à se confronter à ses peurs, puis lui apprendre à muscler ses capacités à leur contrôler, sous forme d’exercices quotidiens (Voir plus haut et dans expériences thérapeutiques / cognitives comportementales).(…)

 La preuve par image :

(…) On peut aujourd’hui démontrer, grâce aux techniques de neuro – imagerie, l’impact biologique des psychothérapies, du moins des TCC, et le lien probable cette efficacité biologique et leur efficacité « de terrain ». Encore plus intéressant, on a pu aussi montrer qu’elles agissaient sur les structures cérébrales aussi efficacement, et parfois même plus efficacement, que les médicaments les mieux adaptés.  Même dans le cas de pathologies aussi sévères que des états dépressifs majeurs ou des TOC, ou troubles obsessionnels -compulsifs. Et bien entendu, dans les phobies : les premières études démontrant cela ont commencé à être conduits dans les phobies d’araignées ou les phobies sociales (…).

 Des médicaments contre les phobies ?   

Il n’existe pas de médicament « antiphobique » comme il existe par exemple des « anti dépresseurs ». Mais de nombreuses molécules ont une action sur les peurs phobiques…

 Les tranquillisants, calmants et autres anxiolytiques ne font qu’endormir la peur.


Les tranquillisants sont capables d’un effet rapide sur les sensations subjectives d’angoisse et de peur. Parmi les plus utilisés, citons le lexomil (générique : bromazépam), ou le Xanax (alprazolam). Aujourd’hui encore, il s’agit des traitements psychotropes plus souvent prescrits, ou auto administrés par les patients eux-mêmes.

Leurs bénéfices son réels : ils diminuent rapidement la sensation de peur, et en diminuant l’intensité. C’est pourquoi beaucoup de patients phobiques en ont toujours sur eux, « au cas où ». Mais ces médicaments posent aussi un certain nombre de pb.

D’abord leur action est très incomplète, et loin d’être satisfaisante : nombres de phobiques les prennent avec le sentiment de « colmater » leur angoisse, sans plus. Ensuite, ils entraînent assez souvent une dépendance, et leur arrêt devient alors problématique  car ils provoquent un syndrome de sevrage, avec le sentiment d’un véritable rebond de l’anxiété à l’arrêt du médicament ; bien que peu dramatique, celui-ci n’est jamais agréable.

Enfin, et c’est peut-être le plus gênant, on suspecte la classe prescrite de tranquillisants, les benzodiazépines, d’entraver les processus d’apprentissage de maîtrise de l’angoisse qui conduisent à la guérison. Autrement dit, lorsqu’on est phobique, prendre ces médicaments à forte dose pendant trop longtemps reviendrait alors à diminuer certes l’intensité des peurs, mais aussi à les chroniciser. (…)

Une étude conduite sur des patients phobiques du vol aérien l’avait ainsi suggéré. Les chercheurs avaient proposé à 28 personnes phobiques de l’avion d’effectuer deux vols espacés d’une semaine. La moitié d’entre elles, choisie au hasard, recevait pour le premier vol une dose efficace de benzodiazépines, tandis que l’autre recevait un placebo.
Pour le second vol, aucun médicament n’était distribué. Durant le premier vol. Autrement dit : les benzodiazépines sont peut-être efficaces pour diminuer l’anxiété, mais à l’arrêt, celle-ci se remanifestera encore plus fortement, et la répétition des expériences d’exposition verra leur efficacité altérée. (…)

Un autre problème des benzodiazépines, c’est leur mode d’action. Des études d’imagerie cérébrale ont montré qu’elles désactivaient en partie, durant le sommeil, le système émotionnel amygdalien. Or on sait que c’est durant la nuit que notre cerveau répète et stocke les apprentissages effectués pendant la journée… Peut-être ces travaux indiquent-ils une autre piste pour expliquer cette intuition de nombreux thérapeutes : les patients sous benzodiazépines progressent plutôt moins vite que les autres en thérapie comportementale.

 Certains anti dépresseurs permettent de réguler la peur.  

Une autre catégorie de psychotropes est par contre de plus en plus utilisée dans certaines phobies sévères, notamment les phobies sociales et le trouble de panique : il s’agit des anti-dépresseurs;

Depuis des travaux conduits dans les années 1960, on s’est aperçu en effet que certains antidépresseurs avaient également une action antiphobique, même si le patient n’était pas déprimé : il s’agissait donc d’un effet spécifique sur la  peur et l’anxiété, et non sur la dépression. Les antidépresseurs ayant cette action sont surtout ceux dont le mécanisme augmente le taux de sérotonine, un neurotransmetteur cérébral (…)  Les médecins prescrivent aujourd’hui plus volontiers ces anti-dépresseurs sérotoninergiques de nouvelles génération, qui ne sont pas forcément plus efficaces que les précédents, mais beaucoup mieux tolérés.

(…) Lorsque les patients sont « répondeurs » à l’action de ces anti-dépresseurs (ce n’est pas tjrs le cas, ce qui explique qu’il faille parfois en essayer plusieurs avant d’arriver à un bon résultat), ils voient alors leurs manifestations anxieuses diminuer en intensité et en fréquence, mais pas complètement disparaître. Il leur devient alors plus facile de se confronter à ceux qu’ils redoutent, n’ayant à affronter qu’une peur, certes notable, mais n’allant pas jusqu’à la panique. (…)

(…) Malgré leurs avantages sur les benzodiazépines, ces médicaments posent eux aussi quelques problèmes. Il y a d’abord celui de leurs effets secondaires : de la par leur puissance, ils entraînent assez souvent des effets latéraux indésirables, par exemple des nausées, de l’irritabilité, ou tout simplement la sensation d’ »être sous médicament ».
Ces effets peuvent parfois pousser les patients à interrompre leur traitement, ou même déclencher des crises d’angoisse chez les personnes dont la phobie comporte une dimension intéroceptive, c’est à dire une inquiétude envers des sensations corporelles perçues comme anormales ou inhabituelles. Ensuite, un certain nombre de patients peuvent rechuter à l’arrêt du médicament. Pour finir, on ne sait pas exactement aujourd’hui quelle doit être la durée idéale d’un tel traitement. On pense que ce doit être d’au moins 6 à 12 mois (..) le temps de permettre à la personne de changer son style de vie : plus d’évitements, et sa vision du monde : comprendre émotionnellement, en s’y confrontant, que les situations qu’elle redoutait ne sont pas si dangereuses.

Mais en réalité, ces changements de perspective semblent moins dus au médicament lui-même qu’aux efforts de la personne : en somme les médicaments jouent un rôle de béquille permettant d’affronter ses peurs, et d’en tirer les conclusions.
Cet affrontement qui est lui-même thérapeutique.

Les médicaments ne sont que des bons outils : sans implication du patient dans des efforts de changement, leurs effets resteront limités ou transitoires.

 







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