Les fruits amer de la dévalorisation

5092007

Les personnes qui ne s’aiment pas entretiennent deux visions oppossées d’elles mêmes. La première nourrit le mépris de soi et un sentiment d’inferiorité, engendrant un malaise profond qui est à l’origine de la seconde façon de se percevoir.

La seconde vision de soi est en quelque sorte un moyen de défense visant à compenser les lacunes de la première. Elle implique des images positives puissantes, comme la grandeur et l’efficacité, qui s’opposent aux jugements défavorables de la vision de soi négative. Plus l’estime de soi est faible, plus les images produites pour la compenser sont extrêmes et positives. Par exemple, une personne qui se croit foncièrement incompétente peut imaginer réaliser facilement de grandes choses.

A force d’opposer des images aussi contradictoires, le contenu de l’indentité finit par être confus. En effet, comment peut on se croire hautement estimable si l’on est convaincu de ne rien valoir ? La confusion s’installe et impose à l’esprit des pensées négatives. Ces pensées sont des sources d’anxiété et de sésorganisation, suscitant de nouvelles évaluations négatives de soi. Le déséquilibre vient du fait que les deux visions de soi s’opposent sans cesse. Cette confusion n’aide guère à savoir qui l’on est vraiment.

Les personnes qui se dévalorisent possèdent généralement une identité imprécise et instable, particulièrement en ce qui concerne leurs quaités. Elles ne savent pas précisément qui elles sont ni ce qu’elles désirent. Elles ignorent ce qu’elles peuvent accomplir parce qu’elles ont réduit leur identité à quelques conclusions simplistes et négatives.

Cette image de soi suscite des émotions comme la tristesse et l’agressivité qui entretiennent l’état désagréable de la confusion.

Pour remédier à ce déséquilibre, nous devons d’abord tenir compte de notre besoin fondamental de nous faire une opinion sur tout, même sur nous mêmes. Nous concluons souvent trop vite à notre sujet, même lorsque nous n’avons pas suffisamment d’informations pour le faire. Une personne qui se dévalorise trouve très désagréable le fait de ne pas tirer de conclusion à son sujet ; elle préfère savoir à quoi s’en tenir même si sa conclusion est fausse et la fait souffrir !

(…) Le meilleur moyen de combattre la tendance à nous dévaloriser consiste à privilégier des conclusions plus valides à notre sujet.(…) Il vaut parfois mieux ne pas nous faire d’opinion plutôt que de nous dévaloriser ! (…)
Source : Qui suis-je ? Nicolas Sarrasin

 




L’évaluation de soi et la comparaison aux autres

5092007

« Ne se sentir heureux que par comparaison, c’est se condamner à n’etre jamais vraiment heureux, car il faut toujours se démener pour rejoindre ou dépasser quelqu’un. » Gustave Thibon

Nous accepter tels que nous sommes

(…) La société dans laquelle nous vivons est impossible à éviter et, sans elle, nous ignorerions de nombreuses facettes de nous-mêmes. La comparaison est essentielle pour nous connaître, car elle fournit des informations qui, autrement, nous resteraient à jamais inconnues.

Mais qu’en est il des moments ou la comparaison aux autres nous fait nous dénigrer ? Il y a une différence importante entre la comparaison seule et le fait de nous comparer aux autres pour nous évaluer !

Le problème vient justement du fait que nous utilisons très souvent la comparaison pour nous évaluer.

(…) La comparaison est un processus qu nous aide à aller chercher de nouvelles informations sur nous mêmes. Et, du point de vue psychologique, nous devons justement disposer d’informations pour excercer quelque évaluation que ce soit. La cueillette d’informations constitue la première étape de toute évaluation. Malheureusement, c’est aussi à ce moment que les distorsions identitaires entrent en scène. C’est pourquoi les effets de la comparaison sont souvent pernicieux. Le fait de nous comparer aux autres ne nous fournit tout simplement pas assez d’informations pour nous juger globalement :

La valeur que nous nous attribuons au moyen de la comparaison procède nécessairement d’une hiérarchisation : soit nous sommes inférieurs aux autres, soit nous leur sommes supérieurs. Malheureusement, ce type de valorisation et dévalorisation ne permet pas de construire une identité équilibrée. L’évaluation engendre plutôt la compétition, les conflits, l’autodénigrement et l’égocentrisme.

Nous pouvons nous comparer aux autres pour mieux nous connaitre sans pour autant nous critiquer. Pour éliminer cette facheuse tendance à nous évaluer, nous devons accompagner chaque comparaison d’une acceptation inconditionnelle de nous mêmes.

Autrement dit, je peux admirer une autre personne pour certaines de ses qualités que je ne possède pas (comparaison), mais ce n’est pas parce que je ne possède pas ce qualités que je possède moins de valeur personnelle (absence d’ébaluation négative). Cette acceptation permet de ne pas nous évaluer globalement, de ne pas prendre la partie pour le tout. Nous avons tous une valeur fondamentale que personne ne peut nous retirer !

Si vous vous reconnaissez une valeur fondamentale, vous favorisez directement votre équilivre identitaire. Le sentiment de votre valeur vous ouvre au monde et à la nouveauté, vous obligeant à vous interroger et à interpréter les évènements de façon plus nuancée. (…)

Source : Qui suis-je ? Nicolas Sarrasin




Le regard réel ou présumé des autres sur nous

5092007

(…)Le regard que les autres portent sur nous se confond avec notre propre vision de soi, puisque les autres influencent beaucoup la manière dont nous nous percevons.

L’influence qu’ont les autres sur notre identité s’exprime de deux manières : par les jugements directs qu’ils formulent à notre endroit et par la manière dont nous croyons qu’ils nous perçoivent. Le second mode d’influence est intimement lié au regard que nous portons sur nous-mêmes. Par exemple, si vous avez une vision négative de vous-même, vous croirez probablement que les autres ont également une mauvaise opinion de vous. Cela amplifiera la vision négative de votre identité. Cette manière de vous percevoir sera une source de souffrance et de désespoir.

Source : Qui suis-je ? Nicolas Sarrasin




Conseils pour développer son estime de soi

29082007

Extraits du livre « L’estime de soi » Christophe André


CHANGER SON RAPPORT A SOI MEME :

1) se connaître : Le regard que vous portez sur vous même et la manière dont vous vous présentez aux autres. (Il ne s’agit pas ici de se perdre dans l’introspection, mais plutôt de prendre conscience de ses capacités et de ses limites).

Les 4 grands domaines de la connaissance de soi :

Le « domaine public » : tout ce qui est connu à la fois de vous et de votre entourage. Ex : « On dit de moi que je suis quelqu’un de fidèle dans mes amitiés. Et de serviable. C’est vrai, je suis d’accord ».

La « tâche aveugle » : il s’agit de ce que les autres savent de vous, sans que vous en soyez clairement conscient. Par exemple on peut dire de vous : « C’est une fille intelligente, mais trop susceptible », alors que vous vous voyez plutôt comme une personne aimable et pas très douée.

Le « domaine caché » : C’est tout ce que vous connaissez de vous, mais que les autres ignorent. Exemple : « je suis quelqu’un de très jaloux. Et pas du tout sûr de moi : derrière mes airs de personne à l’aise et détendue, je doute de moi en permanence et je le cache soigneusement aux autres. »

Le « domaine inconnu » : nous touchons là à tout ce que la personne n’a pas encore révélé d’elle même et que son entourage ne pressent pas non plus. Dans certaines circonstances nouvelles, des individus ont ainsi « se découvrir ». Exemple : « On m’a confié des responsabilités et je me suis aperçu que j’aimais ça, que j’étais capable de devenir un leader. »

 

2) S’accepter

3) Etre honnête envers soi même

Deux façons de se mentir à soi même :

Ne pas assumer ses émotions négatives

« Je ne suis pas en colère »

« Je ne suis pas déçu »

« Je ne suis pas inquiet »

Ne pas assumer l’envie de changer les situations

« C’est la vie »

« Il faut s’y faire »

« C’est comme ça »

 

CHANGER SON RAPPORT A L’ACTION :

4) Agir : Considérer certaines activités quotidiennes comme moyen d’augmenter votre sensation de contrôle sur vous même et de vous rapprocher de votre image idéale. Passer à l’action dans un domaine modeste pourra vous aider, comme un échauffement, à vous mettre ensuite à un travail plus exigeant. (…) Il faut toute fois éviter que ces petites activités ne vous servent à éviter les tâches importantes ou urgentes(…).

Autre manière d’agir, devenez un expert dans un domaine. (…) La pratique régulière d’un hobby ou d’une passion semble faire du bien à l’estime de soi, en améliorant le sentiment de compétence personnelle, mais aussi en favorisant la reconnaissance sociale. (…)

 

5) Faire taire le « critique intérieur »

« C’est inutile, à quoi bon ? » (Dissuade d’essayer)

« Ca ne marchera pas » (Inquiétude ou perfectionnisme inutile)

« C’était nul » (Dévalorisation)

« Ca n’a servi à rien » (Dissuade de recommencer)

« Ca n’est pas suffisant (Insatisfaction)

Les quatre questions à se poser pour lutter contre le critique intérieur : « Je n’ai pas été à la hauteur hier soir » (exemple d’un homme de trente-cinq ans, insastifait de son comportement lors d’une soirée à laquelle il avait été invité la veille)

- Cette pensée est-elle réaliste ?

Réponse : Je ne sais pas, je n’ai pas d’autre avis que le mien

Stratégie : Je vais demander à d’autres personnes ce qu’elles en pensent

- Est ce que cette pensée m’aide à me sentir mieux ?

Réponse : Non, elle m’attriste et m’angoisse

Stratégie : J’arrête de ruminer, et j’agis : « Que faire maintenant? »

- Est ce que cette pensée m’aide à mieux faire face à la situation actuelle ?

Réponse : Non, je me replie sur moi

Stratégie : Je vais essayer de téléphoner tout de suite à un ami

- Est ce que cette pensée m’aidera à mieux faire face à la situation la prochaine fosi ?

Réponse : Non, au contraire elle augmentera mes difficultés : la prochaine fois, je serai encore plus mal à l’aise

Stratégie : Je vais réfléchir à la prochaine soirée : « Comment puis-je m’y prendre pour ne pas ressentir à nouveau ce sentiment d’insatisfaction ?  »

 

6) Accepter l’idée de l’echec

(…) D’une manière générale, personne n’aime l’échec. Or, pour changer, il faut agir, donc prendre le risque d’échouer. Comme le disait l’un de nos patients : « Ce n’est pas l’échec qu’il faut accepter, mais l’idée de l’échec. » A certains moments, un thérapeute peut même « prescrire » l’échec à son patient s’il estime qu’il vaut mieux faire cette expérience – pour la dédramatiser – que l’éviter à tout prix ! (…)

(…) Tirer les ensignements des échecs. Considérez vos échecs comme des sources d’information sur vous même et non comme des preuves d’incapacité. Si vous arrivez à vous mettre dans cet état d’esprit, alors chaque échec vous rapprochera de la réussite.

 

CHANGER SON RAPPORT AUX AUTRES :

7) S’affirmer : Capacité à exprimer ce qu’on pense, ce qu’on veut, ce qu’on ressent. C’est pouvoir dire non sans agressivité, demander quelque chose sans toujours s’excuser, répondre avec calme à une critique etc. (…) S’affirmer nécessite de se respecter suffisamment pour se donner des droits face aux autres personnes (droit d’exprimer, de contredire, de répondre, de demander, etc.). Or se donner ces droits, c’est prendre le risque de déranger l’interlocuteur ou de lui déplaire (…).

) Etre empathique : L’empathie, c’est la capacité d’écouter et de ressentir le point de vue des autres, de chercher à le comprendre et de le respecter, même si l’on est pas totalement d’accord avec eux. (…)

L’empathie authentique est un puissant moteur du développement de l’estime de soi. Elle nous permet de rester proche des autres et d’être apprécié d’eux. Elle nous permet également de nous affirmer plus facilement : on écoutera plus volontiers nos points de vue si nous nous sommes montré capable d’écouter ceux que l’on nous a exprimés. Lorsqu’on souffre d’une basse estime de soi, on peut cependant se montrer très à l’écoute des autres personnes, au point parfois de s’oublier soi-même et de perdre de vue ses propres intérêts. L’effacement et la soumission de la personne à basse estime de soi traduisent alors le besoin que celle-ci éprouve d’ »acheter » l’approbation des autres par l’écoute. C’est ce qu’on appelle « hyper-empathie » : écouter sans affirmer (…)

9) S’appuyer sur le soutien social : Ensemble des relations que nous entretenons avec les personnes de notre entourage, et de l’aide que nous en retirons.(…)

Il se compose de 4 « ingrédients »

- Le soutien d’estime : « on sait que tu es quelqu’un de bien »

- Le soutien affectif : « On est à tes côtés, on t’aime »

- Le soutien matériel : « On va t’aider »

- Le soutien informatif : « Voici une information qui va te rendre service ».

Il va apporter deux nourritures précieuses à l’estime de soi : le sentiment d’être aimé et le sentiment d’être aidé.

Comment développer son soutien social ?

- N’hésitez pas à demander du soutien, mais acceptez qu’on ne puisse vous le fournir sur l’instant. Le soutien social ne peut être une béquille permanente.

- Activez régulièrement votre réseau social. N’utilisez pas uniquement votre soutien social pour vous plaindre ou en cas de coup dur.

- Diversifiez votre soutien social. Les proches ne sont pas les seules personnes à apporter du soutien social. Il y a les intimes, les collègues, camarades et les connaissances.

 

LES STRATEGIES DE CHANGEMENT :

Transformez vos plaintes en objectifs : Il s’agit de modifier la formulation des choses, de dire : « J’aimerais », plutôt que « J’en ai marre. » Pour cela, il vous faut vous demander quel besoin se cache derrière votre plainte : donc, rechercher une solution à cette plainte.

Choisissez des objectifs adaptés : Choisir des objectifs inadaptés est souvent la première des causes d’échec. Nous vous engageons certes à mieux tolérer les échecs, mais inutile de les faciliter en visant mal son but.

Exemple d’objectif adapté :

Dépend de vous : Inviter plus souvent mes amis

Peut etre répété régulièrement : Faire une promenade deux fois par semaine

Réaliste : Reprendre des cours de théâtre

Précis : Systématiquement oser demander de l’aide dans mon travail quand je ne comprends pas

A un intérêt pour vous : partir en vacances avec des amis
Exemples d’objectifs inadaptés :

Depend des autres : Etre invité plus souvent

Ne peut etre pratiqué que rarement : aller en thalassothérapie

Irréaliste : Devenir une star

Général : Avoir plus confiance en moi

Peu d’intérêt pour vous : repeindre la porte de ma cave

Procédez par étapes : La rêverie n’est pas un moyen efficace d’atteindre ses objectifs. Elle présente tout de même un intérêt, celui de nous montrer l’idéal vers lequel nous tendons. Mais, comme cet objectif est en général assez éloigné de notre réalité actuelle, la perception d’un grand écart nous décourage souvent de produire des efforts de changement. Une bonne règle sera donc de réfléchir à la notion d’étapes intermédiaires entre votre point de départ et votre objectif.
Exemple d’écart décourageant :

La réalite :

- Je n’ai pas de vie sentimentale satisfaisante

- Je m’ennuie dans mon travail

- Je rencontre toujours les mêmes personnes

- Je me sens toujours stressé(e)
Mon rêve :

- Rencontrer le grand amour

- Avoir un travail passionnant

- Connaître beaucoup de monde

- Etre toujours détendu(e)

Exemple « Atteindre ses objectifs par étapes » ou « étapes intermédiaires » c’est à dire entre la réalité et mon rêve :

- Parler d’avantage aux collègues féminines (masculins) de mon entreprise.

- Demander une formation continue, répondre à des petites annonces

- M’inscrire à un club de sport, à un club de danse

- Faire du yoga, faire du sport une fois par semaine

(…) « Dans tous les cas, pensez que vous ne vous résumez pas à vos difficultés : pensez aussi à cultiver et à développer tout ce qui va bien chez vous. » (…)




« L’estime de soi », « Imparfaits, libres et heureux », Christophe André

29082007

Présentation de l’éditeur
Croire en soi, s’aimer soi-même, avoir confiance en soi : autant de facettes d’une des dimensions fondamentales de notre personnalité : l’estime de soi.
Avoir des difficultés à communiquer, se sentir mal dans sa peau : bien des tracas quotidiens s’expliquent par une mauvaise estime de soi.
Comment se construit-elle et se développe-t-elle ? Quels sont les grands problèmes ? Comment évaluer son estime de soi ? Et surtout, que faire ?
Des solutions concrètes pour vivre en meilleure harmonie avec soi-même… et avec les autres.
Avant Imparfaits, Libres et Heureux, un grand succès qui est désormais un classique !

 

41ddkepkvelss500ex5 dans J) Apprendre a avoir confiance en vous

Présentation de l’éditeur
Etre enfin soi-même. Ne plus se soucier de l’effet que l’on l’ait. Agir sans craindre ni l’échec ni le jugement. Ne plus trembler à l’idée du rejet. Et trouver tranquillement sa place au milieu des autres. Ce livre va vous aider à avancer sur le chemin de l’estime de soi. A la construire, la réparer, la protéger. Il va vous aider à vous accepter et à vous aimer, même imparfaits. Non pour vous résigner, mais pour mieux évoluer. Imparfaits, mais libres et heureux…

 




L’estime de soi, Christophe André : La névrose d’échec existe-t-elle ?

29082007

(…) On a vu (..) que les sujets à basse estime de soi se « retrouvent » plus dans l’échec que dans la réussite, sans pour autant aller jusqu’à s’en réjouir. C’est ce que nous disait une patiente : « Parfois, j’ai l’impression que je suis plus sécurisée par l’échec : au moins, j’en ai l’habitude, pas de surprise, ça me rassure presque. » La théorie la plus intéressante pour expliquer cela est celle de l’auto-handicap. Elle dit tout simplement que, en ne se préparant pas pour une échéance importante, ou en choisissant systématiquement des objectifs trop difficiles, on cherche non pas à se punir, mais ) prendre soin de son estime de soi ! 

Prenons l’exemple d’un étudiant qui ne préparerait pas un examen. En révisant pas comme il le faudrait, il se livre à une belle manoeuvre d’auto-handicap. Dans quel but . Eh bien, en cas d’échec, il pourra toujours dire : « C’est vrai, j’ai échoué, mais c’est parce que je n’avais pas assez travaillé. » Ce faisant, ce n’est pas sa compétence personnelle globale (dont dépend son estime de soi) qui est en jeu, mais simplement son manque d’organisation… Le même étudiant peut aussi se parler de la sorte (bien que, le plus souvent, ce genre de stratégies soient inconscientes) : « Si je travaille toutes mes forces et qu’en plus j’échoue, ce sera la preuve de mon manque de valeur ; alors que si j’échoue sans avoir vraiment fait d’efforts, mon échec sera imputable à ce manque d’efforts plus qu’à mon manque de compétences. » 




L’estime de soi, Christophe André

29082007

Un moral en dents de scie…

Beaucoup de nos patients à base estime de soi ont un mauvais moral et souffrent de ce que les psychiatres appellent une « dysthymie ». Sans être un état dépressif avéré, ce trouble entraîne fréquemment -au moins un jour sur deux – une humeur triste. (…) 

 

Je veux savoir la vérité….

Mais voici un paradoxe : bien qu’ils en souffrent, les sujets à basse estime de soi sont parfois ceux qui recherchent le plus la critique ! « j’ai besoin de savoir, nous disait une jeune femme. Je ne supporte pas d’être dans le doute. Quand je ne suis pas contente de moi, je recherche toujours à avoir confirmation de la part des autres. Si on me dit que ce n’était pas si mal, j’ai tendance ) ne pas croire un mot. Et à chercher à entendre aussi ce qui n’allait pas. Car j’ai toujours l’impression que les critiques sont plus sincères que les compliments. Ce qui est idiot, c’est qu’ensuite je rumine ce qu’on m’a dit pendant des semaines, et j’en suis malade (…) 

 

L’art de se protéger des compliments chez les sujets à base estime de soi :

« Mais non, je n’ai aucun mérite… » : limiter son rôle dans la performance

« N’importe qui en aurait fait autant à ma palce… » : Généraliser la performance »

« Vous aussi, vous vous en sortez très bien…. » : Répondre par un compliment

« Ce n’est vraiment pas grand chose… » : Dévaloriser sa performance 




L’estime de soi, Christophe André : Les trois pilliers de l’estime de soi

29082007

L’estime de soi repose sur trois « ingrédients » : la confiance en soi, la vision de soi, l’amour de soi. Un bon équilibre entre chacune de ces trois composantes est indispensable à l’obtention d’une estime de soi harmonieuse.

 

L’amour de soi :

C’est l’élément le plus important. S’estimer implique de s’évaluer, mais s’aimer ne souffre aucune conidition : on s’aime malgré ses défauts et ses limites, malgré les échecs et les revers, simplement parce qu’une petite voix intérieure nous dit que l’on est digne d’amour et de respect.

Cet amour de soi « inconditionnel » ne dépend pas de nos performances. Il explique que nous puissions résister à l’adversité et nous reconstruire après un échec. Il n’empêche ni la souffrance ni le doute en cas de difficultés, mais il protège du désespoir (…)

(…) Les carences d’estime de soi qui prennent leur source à ce niveau sont dans doute les plus difficiles à rattraper. On les retrouve dans ce que les psychiatres appellent « les troubles de la personnalité », c’est à dire chez des sujets dont la manière d’être avec les autres les poussent régulièrement au conflit ou à l’échec.  (….).

 

La vision de soi :

Le regard que l’on porte sur soi, cette évaluation, fondée ou non, que l’on fait de ses qualités et de ses défauts, est le deuxième pilier de l’estime de soi. Il ne s’agit pas seulement de connaissance de soi ; l’important n’est pas la réalité des choses, mais la conviction que l’on a d’être porteur de qualités ou de défauts, de potentialités ou de limitations. (…)

 

La confiance en soi

La troisième composante de l’estime de soi – avec laquelle, du reste, on la confond souvent -, la confiance en soi s’apllique surtout à nos actes. Etre confiant, c’est penser que l’on est capable d’agir de manière adéquate dans les situations importantes.  (…)

(…) La confiance en soi peut donc sembler moins fondamentale que l’amour de soi ou la vision de soi, dont elle serait une conséquence. C’est en partie vrai, mais son rôle nous semnle primordial dans la mesure où l’estime de soi a besoin d’actes pour se maintenir ou se développer : des petits succès au quotidien sont nécessaires à notre équilibre psychologique, tout comme la nourriture et l’oxygène le sont à notre équilibre corporel. (…)

 

L’équilibre de l’estime de soi :

Ces trois composantes de l’estime de soi entretiennent généralement des liens d’interdépendance : l’amour de soi (se respecter quoi qu’il advienne, écouter ses besoins et ses aspirations) facilite incontestablement une vision positive de soi (croire en ses capacités, se projeter dans l’avenir) qui, à son tour, influence favorablement la confiance en soi (agir sans crainte excessive de l’échec et du jugement d’autrui).

Il arrive cependant que, chez certaines personnes, ces ingrédients soient dissociés. Prenons le cas d’une vision de soi fragile : Le sujet n’a que superficiellement confiance en lui ; que survienne un obstacle sérieux, ou qui s’éternise, et l’estime de soi s’effondrera. Autre cas, celui d’un manque d’amour de soi : cette fois, le sujet a réussis un parcours exceptionnel parce qu’il était soutenu par une vision très élevée de lui même ; mais un échec sentimental fera surgir des doutes et des complexes qu’il croyait enfouis à jamais… Ce peut être enfin un défaut majeur de confiance en soi : le sujet a reçu une éducation parfaite, ses parents l’ont trop protégé, aimé, choyé pour lui éviter de souffrir ou de se confronter tôt aux réalités ; malgré toute l’affection reçue, il sera victime de doutes permanents sur sa capacité à réussir.

 

Les nourritures de l’estime de soi :

Sentiment d’être aimé + sentiment d’être compétent

(…) Nous recherchons le plus souvent à satisfaire deux grands besoins, également indispensables à notre estime de soi : nous sentir aimés (appréciés, sympathiques, populaires, désirés, etc.) et nous sentir compétents (performants, doués, habiles, etc.)  (…)

 




Il existe une légère différence entre compétence et capacité

28062007

« Approcher les autres est-ce si difficile » ?  Isabelle Nazarre Aga


Exemple :

Enseigner l’anglais est une compétence. Enseigner est une capacité. Utiliser le logiciel Excel est une compétence. Utiliser un ordinateur est une capacité.

Se savoir incompétent n’est pas grave en soi.

Se croire incapable l’est beaucoup plus.

Exemples de questions face à sa propre croyance :
« Je ne suis pas capable de…. »


Comment est ce que tu (je) le sais ?

L’as tu déjà fait ?

Si tu ne l’as pas fait, comment sais-tu que tu ne peux pas le faire ?

Le faire comment ? parfaitement ?

Est ce qu’on peut (le) faire sans atteindre l’idéal de perfection ?

Si oui, comment ?

Est ce qu’on peut (le) faire en partie ?

Est ce qu’on peut (le) faore en plusieurs étapes ?

Est ce qu’on peut (le) faire en se faisant aider ?

Est ce qu’on peut (le) faire en se faisant conseiller avant ?

Est ce qu’on peut (le) faire en se faisant conseiller pendant ?

Est ce qu’on peut (le) faire en se faisant conseiller si les premiers résultats ne sont pas probants ?

Par qui ? Par quoi ?

Quand et comment peux tu ou pourrais-tu, dans le futur, demander cette aide ou ce conseil ?

Dans le pire des cas, tu rates, que se passe-t-il ?

Dans le pire des cas, tu rates, qu’aurais-tu perdu ?

Dans le pire des cas, tu rates, qu’aurais-tu gagné ?

Si tu réussis, que gagnes-tu ?

Dans le pire des cas, tu rates, on te croit incapable ou idiot : qui « on » ?

Est ce le genre de Y (nom de la personne citée précédemment) de penser cela ?

Est ce que son avis, son opinion sur toi est vital ?

Si cette personne a une telle opinion de toi (négative), qu’est ce que tu risques vraiment ?

Si cette personne a une opinion négative de toi (ce que tu crois), est-elle capable de (le) faire comme, toi, tu souhaites le faire (à ta manière) ?

Si cette personne a une opinion négative de toi en cas d’échec ou de mauvaise direction, peux-tu demander son conseil ?

Pourquoi oui ? Pourquoi non ?

Est ce que d’autres l’ont fait avant toi ?

A qui penses tu ?

Étaient-ils d’emblée compétents ou l’ont ils appris ?

S’ils étaient d’emblée compétents, ou l’ont ils appris ?

S’ils étaient d’emblée compétents, cela veut il dire que (cela) ne s’expérimente pas ?

Si d’autres sont compétents et réussissent dans ce domaine, se sont ils entraînés ? durement ? longtemps ?

Si tu échoues et que telle ou telle autre personne y réussit, quelle(s) en serai(ent) la (les) raisons ?

Est ce que ta méthode est inadaptée ?

Peux tu prendre modèle sur quelqu’un de crédible à tes yeux ?

Si tu échoues et que d’autres réussissent, tout le monde réussit-il pour autant ?

Est ce que si tu ne réussis pas du premier coup, cela est définitif ?

Est ce que tous ceux qui réussissent cette chose y parviennent du premier coup ?

Si certains ont déjà la compétence, cela t’empêche-t-il d’avoir la capacité ?

Au pire si tu constates que « ce n’est pas ton truc » as-tu d’autres qualités ? As tu d’autres compétences ?

Si ce n’est finalement pas « ton truc » cela remet-il en cause ta valeur ?




Exercice pour vaincre votre timidité

28062007

« 105 jours pour apprendre à prendre soin de soi » Lucien Auger

Pour vous entraîner à vaincre votre timidité et à modifier vos manières hésitantes et timorées d’entrer en contact avec les autres, il pourrait vous être utile de vous engager dans certaines actions délibérément excentriques et bizarres qui attirent sur votre personne l’attention désapprobatrice que vous redoutez sans raison. Vous pouvez ainsi constatez que, bien souvent, les yeux courroucés, les menaces et même la colère des autres ne sont pas dangereux. Vous pourrez ainsi combattre les idées qui causent votre anxiété et vous amènent à vous comporter d’une manière exagérément soumise et docile.

Je vous propose une liste de telles actions : (je ne mets pas tout).

- Dans un restaurant, demander qu’on vous serve deux tranches de pain grillé, l’une de pain blanc et l’autre, de farine de blé entier. huh

- Dans une librairie, demander à haute voix où se trouvent les livres érotiques.

- Dans le métro, annoncer à haute voix les diverses stations. Changer de wagon si la soupe commence à être chaude.

- Vous précipiter vers un inconnu et vous enquérir chaleureusement de sa santé comme s’il était un vieil ami. Devant son étonnement, lui expliquer que vous l’avez pris pour un autre.

- Dans une rue achalandée, lever les bras au ciel et clamer : « Venez à moi, je suis votre sauveur » !

- Lire votre journal à l’envers dans une salle d’attente guffaw

- Manger bruyamment votre soupe dans un restaurant

- En plein été, vous promener en public, par exemple sur une plage, avec un gros manteau, un foulard et des gants guffaw

- Faire semblant de promener un chien inexistant dans la rue guffaw

- Réagir avec une terreur feinte terrifierd quand un promeneur, ayant un chien en laisse, vous approche squeal

- Si vous êtes un homme, demander de nombreuses explications dans une boutique de lingerie ; tâter longuement les vêtements et déclarer : « j’ai eu mon plaisir ! »

- Demander votre route à un passant et lui faire répéter trois fois ses explications en feignant de ne pas les comprendre

- Au magasin d’alimentation, demander à acheter un seul oeuf   tearlaughter

- Porter toute la journée un bas vert et un bas jaune

- Au cinéma, rigoler bruyamment alors que tout le monde pleure et sanglote.

- Demander à des inconnus s’ils n’ont pas vu votre mari (ou votre femme) en le (la) décrivant de manière loufoque : « il a l’air féroce et pèse 140 kilos ».

- Porter trois bracelet montres au même poignet

- Réfléchir tout haut en vous promenant dans la ruepour vaincre

- Dans un magasin, réclamer un rabais en disant que vous êtes mécanicien, avocat, syndiqué, veuf…

- Dans un centre commercial, demander successivement à trente personnes où se trouve le « sex-shop »

- Marcher en titubant dans la rue comme si vous aviez pris un verre de trop. 

 







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