S’entraîner à ne pas juger : toujours l’acceptation

28062007

(…)L’effet d’étiquetage est bien connu en psychologie : une fois que l’on a porté un jugement sur quelqu’un, il est difficile de revenir dessus, car toutes ses actions ultérieures seront alors sous l’influence du jugement.

Nous aurons tendance à mémoriser ce qui confirmera notre étiquetage, et à refouler ce qui ne le confirmera pas. C’est ce que l’on nomme un biais d’exposition sélective : on choisit de préférence les informations qui confirment nos croyances et nos préférences. (…)

Christophe André, Imparfaits, libres et heureux

 




Juger ou entraîner ?

28062007

(…) On remplit le monde de soi-même au lieu de se laisser emplir, informer, éduquer par lui. D’où une difficulté pour arriver à écouter et à entendre ce qui n’est pas soi. Conséquence : le monde nous paraît figé, « c’est toujours la même chose », les gens sont « toujours pareils » (et toujours décevants). Souvent, c’est notre façon de les appréhender qui est toujours unique. (…)

Christophe André, Imparfaits, libre et heureux

 

 




Méfiance d’enfer ou confiance de paradis

28062007

(…) La vie est difficile, il y a des tas de gens malhonnêtes, on ne sait jamais à qui on a affaire…. Certes. Et pourtant la confiance – dans la lucidité – reste le moins mauvais moyen, et pour survivre, et, surtout, pour bien vivre. Sinon, nous contribuons à fabriquer et à propager nous-même cette société paranoïaque, cet « enfer » qu’évoque Hannah Arendt en exergue de ce chapitre. Autant que possible, la confiance, c’est aussi cela : apprendre à accepter le monde et les autres comme imparfaits.
Et la confiance lucide consiste à ne pas se mettre en position de dépendre et de souffrir de leurs imperfections.(…)

Christophe André, Imparfaits, libre et heureux 

 




Le nouvel âge… des cavernes, Louise Reid

28062007

(…) « Nous faisons appel aux cavernes affectives parce qu’elles nous apportent un sentiment de protection et de sécurité, et qu’elles nous aident à ne pas affronter la vie lorsque celle-ci nous apparaît trop difficile ou douloureuse à supporter.

De telles cavernes constituent des refuges contre les éléments extérieures déstabilisants qui alimentent ces monstres que sont l’anxiété et l’angoisse. Fondamentalement, elles constituent donc des mécanismes de défense et, à ce titre, elles sont utiles car elles nous permettent de conserver un équilibre psychologique.

Nous ne sommes pas fous ! Si ces bulles étaient uniquement toxiques, nous ne les construirions pas. Ce n’est d’ailleurs pas les cavernes en elles-mêmes qui représentent un danger ou qui risquent de nous détruire, c’est le fait de nous y réfugier sur une base trop régulière ou en permanence et d’en faire un mode de vie.

Quand :

- Un découragement passager devient dépression

- Une journée de repos à la maison devient des mois sans mettre le nez dehors.

- L’amour de l’autre devient seul port d’attache

- Le moment d’inattention devient déficit permanent

- La fatigue temporaire devient chronique

- une fatigue liée au travail devient épuisement professionnel,

- Le dynamisme devient hyperactivité

- La peur devient panique

- Une colère devient rancune

- Parler de ses problèmes devient plainte perpétuelle… (…) »

 




“En agissant, on se trompe parfois. En ne faisant rien, on se trompe toujours” Romain ROLLAND

28062007

« Il existe souvent un blocage avec la gentillesse lors des problèmes d’estime de soi. Une peur, pour les personnes à basse d’estime, d’être « trop gentilles ». Mais comment la gentillesse pourrait-elle être un défaut ? Le problème n’est pas d’être trop gentil, mais c’est de ne pas être assez affirmé et par ailleurs.

Il faut au contraire être gentil, c’est une vertu : souhaiter le bien des autres, vouloir leur rendre service, voir leurs bons côtés… Que serait le monde sans les personnes gentilles ? Un endroit bien pénible ! Mais il ne faut pas être que gentil. Il faut ajouter aussi à son répertoire la capacité de dire « non », « je ne suis pas d’accord », « je ne suis pas content », etc… (…)

(…) Finalement c’est une forme d’égoïsme déguisé, être gentil ou généreux pour qu’on le soit avec nous, admirer par envie de devenir admirable, etc… » Peut-être, en partie. Mais quand bien même…. Préfère t-on un monde où l’altruisme serait déclaré ringard, et déconseillé, parce qu’il ne serait qu’un recyclage de notre égoïsme ? Et où on encouragerait plutôt l’expression directe des égoïsmes, pour plus de franchise et de transparence ?
Non, le vrai problème n’est pas la. Il est plutôt dans le bon usage de ces attitudes. Car elles contiennent en elles-mêmes les possibilités de leurs propres excès et dérives.
Trop de gentillesse peut conduire à la manipulation par autrui. Trop de générosité peut amener à se faire exploiter. Trop de gratitude à se faire manipuler par ceux qui veulent nous maintenir dans un statut d’éternels débiteurs à leur égard. Trop d’admiration peut conduire à l’idolâtrie. » (…)

 Christophe André, « Imparfaits, libre et heureux »




Ce monde ou l’on se tue par amour de la vie, Denis Marquet

28062007

Article tiré du Magasine « Nouvelles clé »

Un fait divers récent : deux adolescents disent à un ami qu’elles vont lui faire une surprise, elles s’enferment dans une chambre en haut d’une tour, puis lui crient d’entrer ; au moment où il le fait, elles se jettent ensemble dans le vide. Derrière l’atroce et cruelle mise en scène, un absolu désespoir.

Aujourd’hui, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Que signifie ce terrible non à la vie ?
L’adolescence est un temps de contradiction intérieure. On y est tiraillé entre deux mouvements nécessaires, mais opposés. L’un est le besoin de s’inscrire dans le monde, mais il faut pour cela se conformer au système d’attentes qui y prédomine.

L’autre est le désir de vivre sa propre vérité : rayonner l’être unique que l’on est, aimer, créer. Durant la jeunesse, si elle est bien vécue, se prépare la force suffisante pour accorder le monde et la vie, c’est à dire les attentes de la société et le désir des profondeurs. Mais cet accord est rare. Il y a ceux, les plus nombreux, qui finissent par oublier leur désir pour se faire une place dans le monde ; mais il y a aussi les éternels idéalistes, qui ne savent être les gardiens de leur vérité qu’en refusant ce dernier. Or aujourd’hui, le monde est malade.

Tandis qu’une majorité d’êtres humains connaît la grande pauvreté, le petit nombre des privilégiés se soulage de sa souffrance existentielle dans ces stupéfiants modernes que sont la consommation, les divertissements, les médicaments pour l’humeur, le sexe compulsif. L’horizon ultime du monde occidental est le profit, et la minorité qui bénéficie du système dépense son argent dans le seul but d’oublier que vivre pour en gagner n’a pas de sens.

Dans ce monde aussi détraqué, les jeunes qui s’adaptent et ne pensent qu’à s’y faire une place ne sont pas en meilleure santé que ceux qui le trouvent absurde et le rejettent.

Faut-il pour autant se suicider ? Évidemment non. Car le suicide repose sur une confusion entre le monde et la vie. Ce n’est pas parce que le monde que nous avons fabriqué n’a pas de sens que la vie ne vaut rien. Car si celui-ci n’a pas de sens, c’est précisément qu’il est construit sur le non à la vie.

L’humanité de la modernité finissante est travaillé par ce que Freud nommait la pulsion de mort : fantasme toute puissance sur le corps pour ne plus ressentir la vie, parce qu’elle contient la possibilité de souffrir. Or la vie a du sens ! Mieux : elle est le sens. Vivre intensément suffit à donner sens à l’existence. Mais un monde fondé sur le soulagement, l’anesthésie, la compulsion à tout contrôler par peur de trop sentir ne peut être d’une totale absurdité. La vie n’a aucun sens pour qui n’est pas vivant.

La lucidité des adolescents pour être un enseignement pour bien des adultes. Il ne s’agit pas de les convaincre que ce monde a un sens, car il n’en a pas. Mais il est urgent de témoigner que son absurdité vient du non à la vie, et que c’est le oui à la vie, l’affirmation positive, incarnée, vécue de la valeur de la vie qui sont l’acte de révolte le plus radical et le plus fécond qui puisse être.

Dans un monde bâti sur la pulsion de mort, la rébellion n’est pas de se donner la mort, mais de se battre pour la vie. Car ceux qui souffrent le plus d’un monde qui nie la vie sont ceux qui aiment celle ci. Qui osera dire à un adolescent désespéré qu’il n’aspire à mourir que par amour de la vie, et que cet amour est la seule espérance de renouveau pour un monde à l’agonie ?

Être vivant, justifie la vie
Denis Marquet

 







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