Musicothérapie

28062007

La musique adoucit les moeurs, c’est bien connu et c’est le principe de la musicothérapie. Alain Carré, pionnier français de cette discipline nous en donne sa vision. Contrairement à d’autres pays européens, la musicothérapie n’est pas reconnue en France par les responsables de la santé et du corps médical. Aujourd’hui, ce psychopédagogue musical tente d’harmoniser les différents courants de la musicothérapie et à démontrer scientifiquement ses bénéfices dans des domaines plus variés que la psychiatrie.

Doctissimo : Quelles sont les différentes applications de la musicothérapie ?

Alain Carré : Les applications traditionnelles de la musicothérapie sont en France du domaine de la psychiatrie, où elle est utilisée le plus souvent comme une technique complémentaire. Lors des différents congrès de musicothérapie en France, ce sont ces domaines qui sont abordés.

Pourtant, dans d’autres pays, son champ d’application est beaucoup plus large allant de la néo-natalité aux soins palliatifs.

Doctissimo : La musicothérapie peut-elle être pratiquée hors du milieu hospitalier ?

Alain Carré : Même si à mon sens, la musicothérapie doit plutôt être une composante d’un travail d’équipe, il existe des musicothérapeutes libéraux. Ces derniers pratiquent des psychothérapies, en s’aidant des vertus de la musique.

Doctissimo : Quel est le statut de cette discipline en France et dans d’autres pays ?

Alain Carré : En France, la musicothérapie ne bénéficie d’aucune reconnaissance, contrairement à l’Allemagne, l’Angleterre ou le Canada. En Italie, on assiste à une fédération des différentes composantes. Le Secrétariat d’Etat à la Santé demande avant tout que les différents courants de la musicothérapie puissent adopter une démarche commune. De son côté, le Conseil National de l’Ordre des Médecins met en préalable à une reconnaissance une preuve de la validité de la musicothérapie et non une simple intuition.

C’est principalement sur ces deux points qu’avec l’aide d’autres musicothérapeutes, notre association travaille actuellement.

Doctissimo : Quels mécanismes expliquent l’effet thérapeutique de la musique ?

Alain Carré : Bien évidemment, la perception auditive mais également la perception des vibrations musicales (perceptions somato-sensorielles) permettent de faire appel aux fonctions archaïques de l’esprit : le centre des émotions.

Doctissimo : La réceptivité varie-t-elle avec l’âge des patients ?

Alain Carré : En partie seulement, avec l’âge peuvent apparaître des troubles de l’audition qui ne permettent plus de distinguer toutes les subtilités musicales d’une oeuvre. Ainsi, le thérapeute utilisera des musiques « différemment structurées  », plus caractéristiques de telles ou telles émotions.

La réceptivité des patients est liée à leur sensibilité et leur culture musicale. Il appartient ensuite au pouvoir psychoaffectif des notes de faire remonter des émotions liées à des moments forts de sa vie.

Doctissimo : Comment faire le tri dans les nombreuses formations en musicothérapie ?

Alain Carré : On peut distinguer trois grandes formations :

  • Un Diplôme Universitaire Supérieur en psychothérapie – option musicothérapie à l’Université Paris V. Cette formation est accessible à Bac + 4 et s’étend sur deux ans dans le cadre de la formation continue.

  • Un Diplôme Universitaire de musicothérapie au département de musicothérapie de l’Université de Médecine de Montpellier. Cette formation s’étend sur trois ans (deux ans de formation et un an de stage). Le diplôme est équivalent à un Diplôme d’Etudes Universitaires Générales.

  • Un diplôme non universitaire de l’Association Internationale Pédagogie Musicale Alain Carré qui s’étend sur un an à temps complet.

Le principal problème de ces formations est qu’il n’existe pas de statut spécifique de musicothérapeute. C’est pourquoi les établissements hospitaliers envoient des membres de leur personnel médical (médecins, aides-soignants, éducateurs spécialisés, infirmiers…) suivre des formations complémentaires en musicothérapie.

Les musicothérapeutes qui ne sont pas issus du milieu médical auront plus d’opportunités professionnelles s’ils s’impliquent davantage dans les aspects sanitaires et sociaux de la musicothérapie. Je pense en particulier aux vertus de la musicothérapie pour les personnes handicapées, auxquelles nous prêtons une attention particulière dans notre enseignement.

Doctissimo : En l’absence de statut officiel, la musicothérapie n’abrite-t-elle pas des personnes peu scrupuleuses ?

Alain Carré : Si, comme dans la plupart des disciplines qui ne disposent pas d’un statut reconnu mais cela reste très marginal. Les formations dispensées ne sont pas nationales, ainsi aujourd’hui n’importe qui peut se revendiquer musicothérapeute et commencer une formation.

De plus, certaines personnes souffrant de problèmes psychologiques envisagent de suivre une formation en musicothérapie, pensant qu’elle pourra les guérir et leur faire acquérir une compétence. Cela peut être dangereux car les psychothérapeutes devront soigner des personnes qui ont besoin d’un thérapeute « solide  » mentalement.

Propos recueillis par David Bême, le 19 juin 2000

Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag2306/sa_1870_musico.htm

 

Sites :

http://www.doctissimo.fr/html/forme/mag_2000/mag0922/fo_2323_musicotherapie.htm







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