Pourquoi nous arrive-t-il de nous faire souffrir avec nos distorsions identitaires ?

5092007

Tout simplement parce que notre cerveau nous impose les limites que voici :

 * Nous avons tendance à concentrer notre attention sur des éléments qui prouvent les croyances que nous avons à notre sujet. Par exemple, Sylvie , manque d’estime de soi, retient surtout les évènements qui lui confirment qu’elle ne vaut rien.

* A l’inverse, nous contestons ce qui ne correspond pas à notre identité et nous y portons moins d’attention. Sylvie refuse les compliments des autres parce qu’ils ne correspondent pas à l’image  négative qu’elle a d’elle même.

* Les informations qui forment notre identité sont résistances aux changement.

* Les informations qui composent notre identité montrent une tendance à rester cohérentes même lorsqu’elles sont fausses et nuisibles !

 Source : Qui suis-je, Nicolas Sarrasin




Les déformations du raisonnement (”Pensez positif” Philippe Brinster)

28062007

Il existe des formes bien précises de déformation de la représentation mentale de la réalité, des pièges dans lesquels s’enferrent les personnes qui sont vulnérables, que ce soit de manière chronique ou passagère.

Toujours est-il qu’au lieu de nous servir, ces automatismes sont une entrave majeure à notre sérénité. Ils amplifient le malaise auquel nous sommes confrontés et peuvent nous déstabiliser. Cette liste est très importante : elle couvre la plupart des difficultés d’adaptation à la réalité

La radicalisation

 

La généralisation

 

La sélectivité négative

 

L’auto dépréciation 

 

L’interférence

 

L’émotivité

 

Normes et exigences 

 

L’étiquetage

 

La personnalisation

 

 

 


La radicalisation : 

 

Voir tout en noir ou en blanc


ex : Une femme qui fait un régime strict (pas de gâteries etc.)… Un jour, elle craque, elle va manger une crème glacer.

Elle se dit : « Ça y est ! Je viens de foutre mon régime en l’air ! »

Cette idée dévastatrice l’a plongée dans un tel tourbillon d’écoeurement et de rage qu’elle a ingurgité le reste du pain de crème glacée (…)

Certains peuvent objecter qu’il est humain de faire des excès de temps en temps. Ça permet de se défouler. Ce serait triste d’agir toujours de manière raisonnée. De toute manière, c’est plus fort que nous et on ne peut pas le contrôler.

Est-il triste d’agir de manière raisonnée ? Si l’on entend par là l’installation d’une espèce  de gendarme intérieur qui vérifierait que tout ce que l’on fait est juste est bon, certes, ce serait très très triste, invivable même.

 

 2 – La généralisation :

 

Dramatiser une contrariété ordinaire dont on se sent trop souvent la victime

(utilisation d’adverbes comme « toujours » et « jamais »)

Ex : Un jour Pierre sortait d’un rendez vous infructueux (un de plus !), il vit le pare-brise de sa voiture fraîchement décoré d’une crotte d’oiseau.

« C’est bien ma veine – fulmina-t-il-, il faut toujours que les oiseaux viennent déféquer sur ma voiture ! ».


 3 – La sélectivité négative :

Ne retenir que le côté négatif des choses ou bien minimiser le positif et amplifier le négatif.

Ex : Le jardin ensoleillé est fréquenté par quelques couples et badauds nonchalants. Serge : « pauvres gens. Abrutis par la pollution et le béton omniprésent. Dès qu’ils ont un moment de libre, ils sautent sur le premier carré de gazon qui se présente »

Pierre dit : « J’aime ces parcs et jardins où des gens qui ne se connaissent pas se mélangent et se croisent si aimablement. La ville a bien du mérite d’entretenir les espaces verts gratuits aussi proprement. »

Au restaurant, Pierre apprécie l’ambiance, l’empressement des serveurs, la qualité de la cuisine qu’il déguste sans ménager ses compliments. Serge n’a que des critiques pour la lenteur du service et aucun des plats proposés ne trouve grâce à ses yeux.

Le reste de la journée se poursuit sur le même ton pour les deux personnages qui continuent  percevoir la vie chacun à sa façon. Et quand le soir Serge confie sur un ton misérable qu’il est persuadé qu’il ne pourra jamais trouver une journée plus triste et ennuyeuse que celle qu’il vient de passer, Pierre ne peut s’empêcher de voler à son secours : « Mais si, mais si, tu verras, c’est tout à fait possible. »

Nous sélectionnons, nous filtrons en fonction de notre humeur du moment. Le pessimiste est celui qui retient les détails négatifs d’une situation, les aspects qui viennent conforter les thèses défaitistes qui confirment sa vision sombre de l’existence. Il les amplifie et occulte ou réduit arbitrairement l’importance de tout le reste. Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre 

 

 4 – L’auto dépréciation :

 

Nos qualités, nos atouts, nos succès n’ont aucune valeur. Ils ne servent à rien.

(…)Le fait de se dévaloriser fréquemment correspond à une sélectivité négative dirigée vers soi. (…) Cette incapacité à apprécier à leur juste valeur nos qualités et nos accomplissements est très pesante. Elle nous pousse à rester constamment en retrait, à subir notre vie plutôt qu’à en être l’architecte.

Je dirais à ceux qui se reconnaissent dans les descriptions peu flatteuses qui précèdent : « ne vous laissez pas intimider par des modèles tout faits. Acceptez votre position sans culpabilité. « Le chemin de chacun est unique et particulier. Vous n’avez rien en moins ni en plus que quiconque. Écoutez votre coeur, conduisez votre vie en votre âme et conscience. »


 5 – L’interférence :



a) Lire les pensées d’autrui
b) Prédire l’avenir
c) Opérer des déductions prématurées

 

On entend par là le fait de construire des hypothèses, des scénarios, d’émettre des conclusions, des déductions, des spéculations qui relèvent de l’arbitraire, et d’y croire suffisamment pour que cela influe sur nos décisions.

a) Lire les pensées d’autrui :  

Il est très facile de prêter aux autres des sentiments, des intentions, des pensées à partir d’intuitions souvent alimentées par nos propres peurs. (…)
(…) Elles sortent leurs antennes toutes grandes et interprètent le moindre signe : gestes, mouvements, paroles, expressions faciales. Comme elles sont sous tension, leurs déductions sont particulièrement déformées par leur émotivité.  Bien malgré elles, elles utilisent les indices que leurs sens collectent pour accréditer leurs craintes, leurs inquiétudes ou leurs espoirs (…)

Toutes les phobies sociales sont marquées par ce syndrome. (…) Ces personnes ont besoin de l’estime et de l’approbation des autres pour exister, pour se sentir en sécurité.

b) Prédire l’avenir :

Le travers dont il est question est l’anticipation anxieuse d’évènements à venir déplaisants. Soit que nous traversions une période de doute et d’incertitude qui nous fait pressentir de mauvaise choses, soit que nous nous apprêtions à traverser de manière ponctuelle des épreuves dont l’issue ne tournera pas à notre avantage.

ex : « je suis sûr qu’il va oublier de m’appeler demain »
« Je vais tomber dans des bouchons interminables »
« A quoi bon lui demander, il n’acceptera jamais »

c) Faire des déductions hâtives :

L’anticipation d’évènements néfastes nous conduit à trouver des indices tangibles que nous agençons de manière à prouver que nos craintes sont justifiées.

(…) Il n’est pas gênant d’avoir des prémonitions et de se tenir en alerte parce que tel ou tel signe semble abonder dans ce sens. Mais une position équilibrée consiste à considérer que cela ne fait au mieux qu’augmenter les probabilités que les choses vont mal tourner. L’éventualité d’une issue différente ne doit pas être totalement écartée.(…)

ex : « si ma douleur n’a pas disparu avant ce soir, c’est que ça doit être très grave. »
« Si je ne touche pas le tiercé ce mois-ci, ça prouvera bien qu’on m’a jeté un mauvais sort. »

 6 – L’émotivité :



Projeter nos états d’âme sur la réalité

Prendre nos émotions pour de la réalité.

Ex : Si nous sommes terrorisés à l’idée de monter dans un avion, nous en concluons que les avions sont forcément dangereux. Si nous nous sentons en colère, c’est la preuve que l’objet de notre colère est en train de nous gruger. Cette déformation du jugement est souvent reliée à la manie de tirer des conclusions hâtives.


 7 – Normes et exigences :



S’arc-bouter sur comment les choses doivent être ou se passer (« il faut que », « devrait »).

La société nous inculque des normes et des règles (…) Le respect de ces règles n’étant pas un fait acquis, des sanctions existent pour punir ceux qui s’en écartent et les ramener dans le droit chemin. (…)

(…) Des automatismes, des réflexes se mettent en place, ainsi qu’un censeur intérieur, digne représentant des autorités qui nous ont inculqué les bonnes manières et dont on peut entendre la voix si l’on y prête attention.
Or, bien que l’utilité de ces normes paraisse évidente pour tous ceux qui sont partie prenante d’une société qui en contrepartie leur apporte confort et prospérité, il y a de nombreuses occasions où la vie – qui n’a que faire des conventions humaines, donne un coup de pied dans la fourmilière et bouscule l’ordre établi.
Même les meilleurs trains arrivent parfois en retard, une bonne éducation ne garantit pas l’avenir d’un enfant (…)

(…) Le problème soulevé est celui des personnes qui n’ont aucune emprise sur les évènements qui les dérangent et qui se laissent ronger par l’amertume, l’hostilité et le ressentiment.
Leur coeur est tourmenté par ces sentiments, leur esprit encombré par des récriminations acerbes qui s’expriment par des formules du genre :

« Ça ne devrait pas exister ; les choses auraient dû se passer autrement. Untel aurait dû faire quelque chose. »

La tendance à exiger que les choses soient conformes à nos attentes peut aussi se manifester vis-à-vis d’éléments à venir. Dans ce cas, on s’attache à définir des objectifs, des résultats à atteindre impérativement. Il n’y a pas d’alternative.

ex : « Il faut que je perde  kilos »

La consonance du mot faut dans « il faut » m’a souvent penser au mot « fouet ». On fouette la bête (soi-même ou les autres) pour la forcer à atteindre tel ou tel objectif.

Appliquée à soi, cette forme de violence n’est-elle pas révélatrice d’un combat intérieur que l’on voudrait taire ?
Oui, c’est un fait. On se fait violence, on se force à accomplir quelque chose lorsqu’une partie de nous-même n’est pas d’accord, pointe dans une autre direction, et que nous refusons de l’entendre.

Pouvons nous nous satisfaire longtemps d’une sérénité de surface alors qu’à l’intérieur règne la division ?

 

8 – L’étiquetage :


Cataloguer les personnes en fonctions de certains de leurs actes et de leurs comportements


Il est abusif de considérer quelqu’un comme un « salaud », un « bon à rien », un « idiot », un « monstre » . Indépendamment des actes qu’ils accomplissent et qui peuvent parfois nous nuire, les être humains conservent cette qualité intrinsèque d’être et de demeurer avant tout des humains. Les enfermer dans des rôles peu flatteurs du fait d’activités ponctuellement répréhensibles (aussi fréquentes puissent-elles être) ruine toutes les chances que nous avons d’établir avec eux un dialogue constructif et de garder le contact. Comme dit l’adage biblique, haïr le péché mais pas le pécheur.

(…) Cataloguer quelqu’un en fonction de faits, gestes ou paroles détestables, c’est l’inviter inconsciemment à répéter ce scénario.
j’ai horreur des serpents parce qu’ils me font peur. Je suis terrorisé à l’idée qu’un jour l’un d’entre eux puisse me piquer. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de leur vouloir du mal. Je prends mes précautions pour ne pas les mettre en position de me blesser.
En dehors de cela, je les considère comme des créatures aussi dignes de respect que n’importe quelle autre.

9 – La personnalisation :



Mettre toute la responsabilité d’un problème sur le dos d’une seule et même personne. 


a) C’est de ma faute :

Lorsque des problèmes se présentent, croire de manière injustifiée qu’on en est la cause. On peut n’avoir eu qu’une part infime de responsabilité dans la situation, on n’en pense pas moins qu’en réalité, c’est de notre faute si cela à mal tourné. Pire, notre existence, notre présence même sont une garantie d’échec.

b) Trouver un bouc émissaire :

Se sentir responsable engendre une forte baisse de l’estime de soi, la culpabilité, la honte, des sentiments d’infériorité et d’incompétence.

Rejeter la faute sur autrui engendre la haine, l’agressivité, l’intolérance. C’est une manière réductrice mais bien pratique de se débarrasser du fardeau d’un problème qui nous dépasse (…)







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