Comment interpreter nos reves

28 06 2007

 Extraits du livre « ABC de la symbolique dans les rêves » Corinne Morel

« Le dieu a créé les rêves pour indiquer la route au dormeur dont les yeux sont dans l’obscurité » Papyrus Insinger, La Nuit porte conseil

« Tu veux te connaître ? Consulte tes rêves » Epictète

« Un rêve non interprété c’est comme une lettre non lue. » Brakhot

 Introduction

La plupart des personnes interrogées sur leurs rêves répondent : « Moi, je ne rêve jamais ! » ou encore « Oh ! il m’arrive de rêver, mais c’est rare. »

L’idée admise veut, en effet, que le rêve soit un phénomène exceptionnel, voire une activité réservée à quelques-uns, les autres ne rêvant pas. (…) Mais nous savons à présent avec certitude que tout le monde rêve, toutes les nuits. Dès lors prétendre ne jamais rêver est une erreur. En réalité, la personne interrogée devrait dire : « Je rêve toutes les nuits – comme tout le monde – mais je ne me souviens jamais de mes rêves. » Ce n’est pas le rêve qui est exceptionnel (le rêve constitue au contraire une activité régulière et constante), c’est le fait de s’en souvenir.(…)

 

Le rêve est le gardien du sommeil 

Le sommeil nécessite de s’abandonner physiquement et psychiquement. Quand nous dormons, nous perdons tout contrôle sur le monde extérieur, mais aussi sur notre propre monde intérieur. Du moins nous ne pouvons exercer une action volontaire ou délibérée, par exemple résoudre une équation mathématique, ou répondre au téléphone, mais notre inconscient reste toujours connecté à la réalité, extérieure ou intérieure. Nous ne contrôlons pas nos rêves ou nos cauchemars. Il se créent et se développent à notre insu.

Aussi, l’insomnie est-elle souvent liée au refus inconscient de s’abandonner : soit parce que la personne se sent menacée par le monde extérieur, soit, plus fréquemment, parce que c’est de son propre univers intérieur qu’elle a peur. Ainsi, une partie d’elle-même, le système conscient, lutte contre ce lâcher prise et cet abandon indispensables à l’endormissement.(…)

(…) Nous serions plutôt enclins à croire que le rêves gêne et dérange le sommeil. D’ailleurs, il est souvent responsable de nos réveils en pleine nuit, d’émotions fortes, du sentiment d’avoir passé une nuit peu reposante. Lorsque nous nous réveillons brutalement, sous le coup d’un ou de plusieurs rêves que nous venons de faire, nous avons souvent l’impression d’avoir passé une mauvaise nuit, comme si ce sommeil-là n’avait pas été réparateur, comme si l’activité onirique nous avait épuisés.

Nous disons d’ailleurs lorsque nous avons dormi d’un sommeil de plomb : « j’ai passé une nuit sans rêve ! » C’est donc bien supposer que le rêve gêne le sommeil et nuit à sa qualité. Et pourtant, il en va tout autrement, car le rêve protège bel et bien le dormeur, comme l’explique Freud : loin d’être, ainsi qu’on le lui reproche, un trouble-sommeil, le rêve est un gardien du sommeil qu’il défend contre ce qui est susceptible de le troubler. Lorsque nous croyons que sans le rêve nous aurions mieux dormi, nous sommes dans l’erreur ; en réalité, sans l’aide du rêve, nous n’aurions pas dormi du tout.

Si nous avons mangé très épicé le soir, nous pouvons rêver que nous nous désaltérons à une source d’eau fraîche. Nous percevons, en fait, la sensation de soif. Cette excitation, cette tension menace notre sommeil. Le rêve prend alors en charge ce besoin et l’apaise de manière hallucinatoire. Ainsi, nous pouvons continuer de dormir. Le rêve a donc permis au sommeil de poursuivre sans interruption. Voilà en quoi il l’a protégé, voilà comment il en a été le gardien. En revanche, si la sensation de soif est trop importante ou trop tenace, le rêve sera impuissant et l’illusion ou la réalisation fictive du désir ne suffira pas. Nous nous réveillerons et nous nous lèverons pour boire.

Quand un bruit extérieur (une sonnerie, par exemple) menace de troubler notre sommeil, et donc de nous réveiller, le rêve peut récupérer cet élément extérieur et l’assimiler à son scénario. Dans cette mesure, la sonnerie ne nous réveillera pas et deviendra un des constituants de notre rêve (la sirène d’un bateau, par exemple), perdant du même coup son caractère dérangeant, puisqu’elle prendra sens dans le rêve. Elle ne sera donc plus traitée comme un élément de la réalité auquel il faut réagir, mais comme un élément du rêve autorisant la continuité du sommeil.

En revanche, s’il s’agit de la sonnerie du réveil ou d’un appel qu’on attend, nous nous réveillerons, même si le rêve reprend à son compte le bruit. Car aussi abandonnées que nous soyons dans le sommeil, nous gardons un contrôle perpétuel sur nous-mêmes et un lien avec la réalité extérieure. (…)

 

Le rêve est la voie royale de l’inconscient

(…)L’inconscient n’est pas inné ou héréditaire, il se construit. Il se forme et se transforme au gré de l’évolution individuelle. Dire que l’inconscient se forme historiquement, c’est réaffirmer l’importance du vécu dans l’élaboration de la structure psychique. L’inconscient s’établit graduellement en fonction de l’histoire.

C’est lors de l’enfance, et plus particulièrement de la petite enfance, que les bases sont posées. L’adulte est une continuité de l’enfant. Tout ce qu’il vit, depuis la vie intra-utérine, se grave, s’inscrit en lui : dans son conscient (souvenirs, traces mnésiques conscientes), mais aussi, et surtout, dans son inconscient.

Le conscient est limité et ne peut contenir la quantité prodigieuse d’émotions, d’expériences, d’affects, perçus ou vécus durant l’histoire de l’individu. Ses souvenirs vont donc s’organiser de manière à éviter une surcharge, qui engendrerait chaos et obscurité psychiques. La mémoire est obligée d’opérer des sélections. Il s’agit alors d’une organisation par couches : ce qui est nécessaire et utilisable reste à la surface, à la périphérie (dans le conscient) et est accessible à la connaissance directe, et ce qui ne présente pas d’intérêt immédiat va se ranger dans des couches psychiques plus profondes, dans l’inconscient. Mais pour la psychanalyse, l’absence de traces mnésiques (=relatif à la mémoire) s’explique surtout par le refoulement. C’est à dire en fonction de considérations plus affectives et psychologiques. Le sujet va donc, tout au long de sa vie,  » nourrir » et remplir son inconscient. (…)

(…) Le refoulement correspond à une opération psychique automatique. Il ne s’agit pas d’une décision ou d’une action déterminée et consciente, mais d’un mécanisme activé à l’insu du sujet, sans qu’il s’en rende compte ni s’en aperçoive. Le refoulement permet d’enfouir au plus profond de sa psyché, dans son inconscient, tout ce qui constitue une menace à son bien être intérieur. Il permet ainsi d’éviter les tensions trop fortes et donc dangereuses. (…)

(…) Le refoulement ne porte pas seulement sur les affects pénibles et désagréables, il porte aussi sur les pensées, les désirs ou les actes non réalisables ou interdits. Pour éviter, en cas, de frustration, un état permanent de tension, le refoulement va opérer en drainant cette énergie vers l’inconscient. De ce fait, la tension sera apaisée d’une manière illusoire, puisque la quantité d’énergie ne sera pas épuisée au-dehors par un passage à l’acte, mais restera en dedans. Seulement, sur le plan conscient, il y aura bel et bien disparition de la tension. Le désir non réalisé sera ainsi devenu inconscient. (…)

(…) C’est pourquoi nous ne nous rappelons qu’exceptionnellement de nos rêves et que, dans la mesure où nous nous en souvenons, le rêve demeure, par ses modalités d’élaboration, incompréhensible. Pour empêcher les contenus inconscients de faire retour dans le conscient, il existe un mécanisme de surveillance appelé « censure ». (…)

(..) Le rêve est donc indiscutablement et doublement la voie royale de l’inconscient :

- d’une part, parce qu’il est produit par l’inconscient ;

- d’autre part, parce que son analyse renseigne la personne sur sa vie psychique profonde, lui permet de se connaître, de découvrir qui elle est vraiment et quels désirs et peurs se terrent tout au fond d’elle.(…)

 

Le rêve est la réalisation d’un désir

(…) Ainsi , les pulsions refoulées cherchent à s’épuiser au-dehors, et donc à accéder à la conscience. Les différents procédés psychiques (refoulement, censure) veillent à les maintenir dans leur logis psychique. Profitant alors du sommeil et de l’endormissement du système conscient, ces contenus refoulés s’expriment à travers le rêve.

Ainsi, l’activité onirique correspond fréquemment à des réalisations symboliques de désirs non satisfaits dans la réalité.

L’exemple le plus limpide de ce principe est constitué par le rêve enfantin, qui intervient généralement comme la compensation d’un désir non satisfait. Les rêves des enfants (au moins jusqu’à 6-8 ans) ne sont, en effet, pas tout à fait les mêmes que ceux de l’adulte. Ils sont généralement intelligibles et compréhensibles. Cette particularité est liée à la simplicité de l’enfant et de ses désirs. Pour Freud, chez l’enfant, le rêve est la réponse apportée à un évènement de la journée. Pour le comprendre, il suffit donc de mettre en adéquation le rêve et la réalité.

Chez l’adule, mais aussi les enfants plus grands et les adolescents, le rêve intervient également comme la réalisation d’un désir. Cependant, du fait de la complexité psychique de l’adulte, la réalisation de ce désir ne peut être franche. On observe de ce fait la réalisation directe du désir dans le rêve enfantin et la réalisation voilée d’un désir refoulé dans le rêve de l’adulte. (…)

 

Fonction d’élimination du stress et des émotions :

Certains rêves ne possèdent pas un sens profond, mais viennent en réaction aux stimulations diurnes. Ils permettent à l’individu de s’alléger du stress quotidien, et finalement d’éviter le refoulement des petites frustrations. Ils apportent des réponses aux évènements récents. Ils ciblent les préoccupations du moment et stigmatisent les impressions fortes éprouvées la veille.

Par exemple , rêver d’un meurtre ou de monstres, alors que l’on s’est endormi juste après avoir visionné un film d’horreur, doit être considéré comme une réaction émotionnelle (la peur, la terreur) au stimulus (le film). L’interprétation n’a souvent pas lieu d’aller plus en profondeur.

De la même façon, une mère, préparant avec fébrilité le mariage de son fils unique, peut rêver à plusieurs reprises du mariage, avec des scénarios différents : absence des invités, renversement des plats, déluge, ou toutes autres avaries. Ses rêves révèlent son inquiétude de ne pas réussir l’organisation du mariage. La encore il est inutile, au risque de se livrer à une analyse sauvage, d’approfondir l’interprétation.

 

Fonction de classification et de révélation :

(…) Le rêve effectue ainsi un travail de clarification. La sagesse populaire reconnaît d’ailleurs cette fonction, en attribuant au sommeil – et donc au rêve – une vertu de conseiller. Quand l’esprit est agité, préoccupé, obscurci le soir, et que la question ne trouve pas de réponse ou le problème de solution, au matin, les choses paraissent souvent plus claires, ou encore le sujet a une « intuition » géniale, comme si le rêve lui avait apporté – inconsciemment – la solution. (…)

 

L’élaboration du rêve

Pour pourvoir interpréter un rêve, il faut savoir comment il se construit. Les éléments inconscients, souvent résultat d’un refoulement, ne peuvent réapparaître dans la conscience de la manière brute, au risque de détruire la personne, ou du moins de menacer durablement sa quiétude intérieure.

La plupart du temps, lorsque nous nous réveillons le matin, nous croyons ne pas avoir rêvé ; ou encore, le souvenir du rêve est si imprécis, si confus, que nous n’y prêtons guère attention. Comment expliquer que nous ne conservions généralement aucun souvenir ou une maigre réminiscence de l’activité onirique ? Parce que le rêve est une activité inconsciente et que dès le réveil, le conscient reprend sa place et s’emploie activement à effacer tous souvenirs dérangeants ou compromettants. En outre, la censure continue de veiller même lorsque nous dormons. Elle s’oppose sans relâche à l’accès à la conscience des contenus refoulés (…)

Parce que l’inconscient est constitué de désirs non satisfaits ou interdits, de pensées réprimées, de souhaits non autorisés, il a nécessairement un caractère menaçant, dérangeant et douloureux. Par exemple, l’agressivité, voire la haine, ne sont pas ouvertement exprimées. Le sujet réprime les cris, contrôle sa colère, affiche un sourire contrit au lieu de lancer à la face de son opposant (chef, collègue, ami, conjoint…) sa désapprobation, sa souffrance, son exaspération.(…)

(…)Ainsi, si les sentiments haineux ou morbides occupent nos rêves, ils ne peuvent le faire directement. La censure, veillant à notre « confort psychologique », leur refuse l’accès à la conscience. Ils vont donc devoir se travestir. C’est ce que Freud appelle le travail d’élaboration du rêve. Les pensées, désirs et représentations inconscients ne peuvent passer la censure que s’ils sont suffisamment déguisés. Dans ces conditions, la censure ne les reconnaît pas comme étant menaçants ou dangereux et elle les laisse passer.

Le rêve possède deux dimensions : une dimension manifeste (correspond au rêve lui même, c’est à dire à la narration qu’en fait le rêveur) et une dimension latente (correspond au sens du rêve, au message dont il est porteur). 

(…) certains processus psychiques servent donc à crypter le rêve, qu’il faudra ensuite interpréter, c’est à dire décrypter pour obtenir le contenu latent. (…)

 

L’interprétation du rêve :

(…) De ce fait, le rêve, lorsqu’on s’en souvient, nous paraît absurde, insensé et invraisemblable. Ce que nous connaissons du rêve, c’est son contenu manifeste ; c’est à dire un rêve déformé par les mécanismes de condensation, de déplacement et de symbolisation. Pour retrouver le contenu latent, c’est à dire le message, il convient de faire le chemin dans l’autre sens.

(…) Dans le rêve, il n’y a pas ou peu de mots. Jamais dans tous les cas, un dialogue nourri et structuré. Dans la réalité, en revanche, le mode de communication le plus investi est la parole, il est donc nécessaire, quand on désire interpréter un rêve, de passer du registre visuel et sensoriel au registre verbal, ce qui ne se fait pas sans difficulté (…)

 

1) Se souvenir des rêves :

Pour aider à la mémorisation, il convient tout d’abord – et peut-être uniquement de vouloir se rappeler de ses rêves.

En plus la prise de décision, il faut supprimer le recours aux somnifères qui, selon toutes les études menées, affectent le travail du rêve.

Il est important de ne pas se lever brutalement, mais de rester une dizaine de minutes allongé, les yeux fermés, entre le sommeil et la veille. Un réveil brutal correspond à un abaissement « violent » de la censure qui, en un éclair, gomme toutes les traces mnésiques de l’activité onirique. En procédant tout en douceur, on évite cet écueil si fréquent.

 

2) Date et rappel du contexte :

c’est à dire préciser, s’il y en a eu, les éléments marquants ou exceptionnels de la veille (retrouvaille d’un ancien ami, problèmes administratifs, scène de ménage, rencontre amoureuse, etc.).

 

3) Titre

Il est intéressant d’intituler son rêve, ce qui permet de préciser spontanément le thème pressenti.

 

4) La narration des rêves :

On a vu que, du point de vue de l’appareil psychique, tout est mis en oeuvre pour que le rêve ne parvienne pas au système conscient et qu’il n’y ait donc aucun souvenir du rêve. (…) Elle persiste en cas d’échec de ses tentatives pour créer l’amnésie, et fait en sorte, quand il y a souvenir du rêve, de rendre ce dernier fugace et insaisissable. On constate que le rêve disparaît, s’efface, se gomme, au fur et à mesure qu’on essaie de se le remémorer. C’est pourquoi il faut impérativement l’écrire ou au moins le dire à haute voix(…)

Mais nous ne sommes pas au bout de nos difficultés car, du fait de son absurdité, le rêve se révèle souvent inénarrable. Les invraisemblances, les anachronisme, les non-sens de nos productions imaginaires rendent les narrations délicates, pour ne pas dire impossible. La difficulté est également due à la forme des rêves qui sont principalement construits sir des images visuelles, des sentiments et des émotions, c’est à dire sur des éléments dont la verbalisation et la rationalisation sont malaisées.

Le récit du rêve est décousu et confus. Il souffre d’absences, de doutes et d’imprécisions. Sans compter que le sujet fait déjà de lui même une première interprétation (inconsciente) de son rêve. (…) Quoi qu’il en soit, avec ses imprécisions, ses faiblesses et ses carences, la narration du rêve constitue la 1ère étape avant l’interprétation.

Nous avons souvent des difficultés à observer, à raconter, à écouter sans juger. Il faut donc s’appliquer à rester le plus neutre possible. C’est un peu comme quand nous devons décrire les vêtements d’une personne. Nous avons tendance à donner en même temps nos impressions, à émettre des jugements de valeur, etc. Nous dirions : elle a un chapeau ravissant. Ce qui ressort du jugement et qui constitue une opinion personnelle (…)En revanche , si nous nous contentons de dire : elle porte un chapeau à larges bords, cerclé par un ruban mauve, nous ne sortons pas du cadre de l’observation et restons objectifs. (…)

(…) Elle doit être la plus fidèle possible, c’est à dire sans prêter attention au style littéraire, et même à l’orthographe (certains lapsus écrits peuvent se révéler très intéressants pour la compréhension d’un symbole). (…) Elle doit tenir compte des détails, en précisant, quand le souvenir le permet, le nombre, les couleurs, les éléments du décor, les vêtements, etc.

 

5 ) Les observations d’après-coup :

Impressions, sensations et émotions laissées doivent être notées entre parenthèses après la narration.

 

6) L’analyse du rêve :

La première étape va consister à repérer les déplacements, les condensations et les symboles. Pour les faire ressortir, ils peuvent être soulignés de la façon suivante : les déplacements en bleu, les condensations en vert, les symboles en rouge…

 

a) les déplacements :

C’est à dire les détails et les précisions (exemple : la nappe était trouée, il y a trois pommes, l’homme était petit) permettent de situer ce qui est réellement important, la dimension cachée, le message principal du rêve.

Explications :

Il s’exprime en deux manières :

- un élément latent est remplacé par un autre élément éloigné, et donc par une allusion

- l’accent psychique est transféré d’un élément important sur un détail.

Le déplacement est également destiné à crypter le rêve, à le rendre inintelligible pour le sujet et donc inoffensif. Ce processus explique en grande partie ce sentiment d’étrangeté que provoque fréquemment le rêve « C’est bizarre ! J’ai rêvé à une personne que j’ai croisée une fois seulement et qui m’est totalement indifférente ! ». Le déplacement met en jeu le procédé associatif. De plus, comme le souligne Freud, il « berne » admirablement la censure, en rendant important quelque chose qui ne l’est pas, et en rendant accessoire et secondaire ce qui est essentiel.

On peut comparer le déplacement à la ruse qu’utiliserait un mineur souhaitant visionner un film interdit aux moins de dix huit ans. la stratégie pourrait consister à demander aux accompagnateurs majeurs, et donc autorisés à entrer dans la salle, d’attirer l’attention sur eux, en criant, chahutant, se poussant les ns les autres. Le vigile occupé à surveiller les agitateurs, négligerait alors le mineur, qui, discret, pourrait sans encombre passer le barrage. Dans le rêve, le déplacement procède de même. Il dupe la censure (le vigile), en lui faisant croire que le danger est en un point (en réalité inoffensif), pour qu’elle dévie sa surveillance et laisse s’échapper des contenus essentiels. C’est pourquoi, dans le rêve, les détails sont d’une grande importance et constituent souvent la clef.

 

b) les condensations :

C’est à dire les éléments « compactés » et les transitions rapides (exemple : changement soudain de décor ou d’époque, être hybride) permettent d’établir les liens entre des éléments a priori séparés (liens temporels ou causals)

La condensation permet de compacter plusieurs représentations en une seule. Par exemple, plusieurs personnes contenues dans une seule constituent une représentation condensée. Une personne est composée ainsi a l’aspect de A, les cheveux de B, la voix de C, les vêtements de D et pourtant il s’agit de E.

Selon Freud, le rêve latent est en faut beaucoup plus dense et beaucoup plus long que le rêve manifeste. La condensation réduit donc la longueur et l’importance du rêve. Egalement, elle le complexifie et est responsable du caractère confus, imprécis ou absurde de bon nombre de rêves.

 

c) Les symboles :

Ils établissent le lien entre le langage inconscient et le langage conscient. Ils prennent la forme de noms communs ou propres, mais aussi de verbes, d’adjectifs et d’adverbes. La plupart des déplacements sont également des symboles; le mot doit être ainsi souligné deux fois : ce qui atteste son importance.

En présence d’un symbole, se manifeste en premier lieu les perceptions subjectives, puis les références culturelles, et, en dernier lieu, seulement apparaît la réalité objective de l’objet.

Exemple « la couleur noire » :

- La perception subjective et individuelle : « je n’aime pas le noir car il me fait peur » (ce ressenti peut être lié à une expérience, un traumatisme, un évènement particulier).

- Les références culturelles : « le noir est triste, c’est la couleur funéraire dans mon pays »

- La réalité objective : « le noir, c’est la nuit, l’obscurité »

(…) La découverte de sens induit le repérage antérieur des projections personnelles, puis la prise de conscience de leur subjectivité et donc, à travers la recherche de neutralité, la disparition de l’attachement à des points de vue individuels et culturels, pour s’ouvrir à une conscience universelle. La lecture des symboles, à travers la recherche de sens, invite constamment à ce travail sur soi (…).

Pour comprendre la symbolique de vos rêves : http://www.aufeminin.com/m/psycho/interpretation-signification-des-reves.html

Je vous conseille d’acheter le livre : « ABC de la symbolique dans les rêves » de Corinne Morel

(..) L’interprétation consiste donc à faire des liens entre les contenus inconscients et les contenus conscients. (…) il faut donc procéder par associations d’idées et faire une lecture analogique en cherchant à rapprocher les signifiants entre eux.

Selon Freud, tout est important dans le rêve et il faut donc se méfier de vouloir saisir de suite l’essentiel, en négligeant les détails. En effet, le déplacement, par exemple, a pour objet le mettre l’accent grave sur un élément accessoire. Dès lors, ce que l’on prend pour le centre du rêve (le personnage principal, la situation générale, etc.) peut du fait du déplacement n’être que secondaire (…)

 

Le cas particulier des cauchemar

La caractéristique principale du cauchemar est son aspect pénible, terrifiant et douloureux. Le cauchemar est néanmoins un rêve, dans la mesure où il est régi par les mêmes principes (condensation, déplacement, symbolisation). Il se distingue, cependant, par un échec ou une imperfection dans l’activation de ces mécanismes. Cela peut être dû à deux raisons :

- La condensation, le déplacement et la symbolisation demeurent imparfaits et insuffisants à masquer la dangerosité des contenus refoulés.

- Les contenus refoulés sont trop menaçants et chargés émotionnellement. Il s’agit souvent de désirs, de pensées ou de sentiments tellement répréhensibles que leur simple évocation suffit à terroriser la personne.

 

Pour en savoir plus :

La boîte à rêve : http://www.boiteareves.com/

Forum de discussion « Interprétation des rêves » : http://www.boiteareves.com/interpretation-reves/

Rêves et interprétation (Jung) : http://users.skynet.be/reves/junghome.htm

Le rêve, de Freud à Jung : http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/5jung.htm

Trois rêves de Freud : http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/8freud.htm

Interpréter les rêves : http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2000/mag1117/ps_2948_interpretation_reves.htm

 


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